Archives mensuelles : mai 2013

Retour vers le futur 2 : Shelter Bay (Panama, 1ère partie)

En arrivant à la marina de Shelter Bay, nous lançons les démarches administratives (mesure officielle du bateau pour le passage du canal, rendez-vous multiples avec notre agent), ce qui nous bloque quelques jours. Pour effectuer un repérage du canal, l’un de nous est désigné pour faire la traversée sur un autre bateau. La courte paille me désigne et je fais donc la connaissance de Loïc, Christelle et leurs trois enfants Malou, Yann et Charlie sur leur cata dénommé Javelot.

Une Colombienne qui travaille au port et un sud-Africain (capitaine d’un autre bateau) sont embarqués comme moi pour aider à la manip’ des cordes durant le passage du canal. Rien de méchant durant la traversée, mis à part le blocage de l’ancre au départ, dans la vase de la baie de Colón. Nous passerons la première série d’écluses en retard, à couple avec un remorqueur, ce qui nous épargne les manoeuvres. Nuit sur le lac de Gatun, départ tôt le lendemain pour passer les écluses descendantes vers le Pacifique, pas de problème à signaler. Premier passage du canal sous le signe de la tranquillité donc, ne reste plus qu’à refaire la même chose avec Da Boat.

De retour à Shelter Bay (2h de bus et taxi), je retrouve JS, Guillaume et Ben à nager dans la piscine de la marina, concours d’apnée, entraînement intensif de papillon pour Ben. La piscine est bien agréable par cette chaleur, mais aussi un bon incubateur de microbes et virus divers : Guillaume et Ben choperont une otite qui les empêchera de profiter de la plongée la semaine suivante. À portée de pieds de la marina, il y a une forêt façon jungle avec des singes, et un village à visiter un peu plus loin (2-3h de marche). Nous mettons notre temps à profit pour discuter avec les autres équipages et glaner des informations sur le canal, les environs plus ou moins lointains du Panama, etc. Rencontres sympas avec notamment quatre trentenaires qui ont retapé un bateau et l’emmènent vers la Polynésie française (ça rajeunit les stats), ainsi qu’une famille dont le fils Félix – 13 ans – nous bricole un appât pour la pêche à la traîne en scoubidou et plumes, la classe.

Tout ceci aurait été presque parfait si Shelter Bay ne s’était avéré un excellent terrain pour l’élevage de moustiques, et pas très pratique pour aller au centre-ville à Colón. Le bus-navette fait une vingtaine de kilomètres pour nous déposer au plus proche supermarché (et distributeur de billets), en traversant le canal devant les portes des écluses (pont escamotable pour laisser passer les bateaux). L’attente peut aller jusqu’à 45 minutes en cas de passage de plusieurs cargos… Le centre ville de Colón est une sorte de cours des miracles aux immeubles à moitié en ruine, les églises sont barricadées avec des barbelés. Les flics locaux m’ont accosté alors que je marchais seul pour me dire qu’il était l’heure de repartir vers des zones plus sûres. Ambiance fraîche donc, mais rien à déplorer… Colón possède également une zone franche pleine de magasins divers et variés que l’on imaginait comme la caverne d’Ali Baba : matériel de pêche, accastillage, bouffe, etc. Au final, pas grand chose d’intéressant pour nous; on remet les courses sérieuses pour l’autre côté du canal.

Après 4-5 jours dans la marina, nous sommes impatients de bouger vers l’archipel des San Blas pour retrouver Greg et Laure (cf. le post de Greg).

Le blog peut maintenant reprendre son cours chronologique, je laisse Laure raconter le passage du canal par Da Boat.

Kikisse (depuis retourné à terre, mais avec l’espoir de reprendre la mer fin août)

DSC_1450 DSC_1447 DSC_1440 DSC_1430 DSC_1433 DSC_1436 DSC_1426 DSC_1422 DSC_1418 DSC_1394 DSC_1403 DSC_1410 DSC_1312 DSC_1328 DSC_1332 DSC_1340 DSC_1339 DSC_1338 DSC_1341 DSC_1361 DSC_1391 SONY DSC DSC_1352 DSC_1348

Retour vers le futur : La Colombie

Ola ola, le temps est passé vite et notre blog est resté muet quant à nos aventures. Pas bien. Heureusement, Greg a pris les devants pour décrire notre virée dans l’archipel des San Blas, mais reprenons notre récit à l’arrivée sur Santa Marta, le 14 avril.

À cause du mont Colombus tout proche qui contraint les Alizés, nous passons par 30 noeuds de vent le « Cap Horn » de Colombie. Da Boat ne sourcille même pas et surfe à une vitesse de 10 noeuds, c’te classe. Nous appontons à Santa Marta – enfin une vraie ville, se réjouit Guillaume – dans une marina nouvellement construite et attendons l’agent d’immigration qui va peut-être arriver. Cela dit, c’est un dimanche et nous ne savons pas s’il va effectivement passer. La Colombie, c’est compliqué pour la plaisance, tout bateau étant considéré comme un navire marchand, même si nous n’avons pas grand chose d’autre à vendre que notre sueur et quelques conserves de cassoulet. L’agent arrivera dans l’après-midi, ce qui nous permettra de sortir le soir, merci à lui.

Sur le bateau voisin, il s’avère qu’un de ses équipiers n’est autre qu’un copain de lycée de Raphaël Herbière, le frère de Ben, et accessoirement le seul marin d’Albi recensé par le Pôle Emploi. Le monde est petit… Nous croisons aussi au détour des pontons Luke et Marie, un couple de français sur leur cata « Belle Oiselle » en route pour le Pacifique, comme nous. Un apéro est convenu le lendemain pour échanger des infos sur le passage de Panama.

En attendant, nous débarquons le soir sur le front de mer, une sorte de promenade des Anglais agrémentée de roulottes de bouffe de rue, avec barbecue de brochettes et autres jus de fruit frais. Derrière, c’est un labyrinthe de petites rues qui fourmillent de restaurants, cafés et autres boutiques. Santa Marta est l’occasion de pratiquer notre espagnol révisé sur le bateau grâce au guide acheté par Guillaume. Une bonne nouvelle : on peut se balader dans le centre-ville sans ressembler à des porte-monnaie aux yeux des locaux, c’est reposant.

Le lundi soir, apéro avec Luke et Marie. Ils s’agit de vieux routards de la mer, qui naviguent depuis 17 ans, et en sont à leur énième bateau. Luke est ancien restaurateur et a son bouquin de cuisine en mer, pêche à 200 mètres de profondeur, plonge… Nous prenons des conseils tous azimuts et le contact d’un agent pour passer le canal de Panama. Ensuite, nous sortons tous ensemble nous restaurer de quelques brochettes et allons explorer les bars en ville.

Après une première terrasse sympathique, nous suivons une ruelle pleine de promesse qui nous amène à un bar (dont j’oublie le nom) avec une terrasse à même le trottoir. Un canapé vieux style dehors attire l’oeil (en tout cas le mien), et nous nous retrouvons à discuter avec les tauliers, Juana (alias la mamacita loca) et Chris, un américain installé en Colombie. Une bonne soirée et le plaisir d’une vraie ville après un mois de vadrouille d’île en île (îles magnifiques il est vrai).

Le lendemain fut exaltant avec au menu démarches administratives et courses au supermarché. Nous retournons le soir dans le même bar que la veille, même bonne ambiance et gens sympas. À la fermeture, nous sommes invités à une dernier verre chez la patronne, Juana, qui habite à deux pas. S’ensuit un plan avec Juana, Chris et une copine : aller en bateau au parc naturel de Tayrona, juste à côté de Santa Marta. Le lendemain, grand vent, mais nous embarquons quand même l’après midi. Traversée au près avec 30 noeuds de vent, deux invités malades, mais nous arrivons au mouillage où nous mangeons, certains se baignent. Pas les conditions idéales à cause du vent, Da Boat perdra d’ailleurs une latte de la grand voile (GV) au passage, mais rien qui nous empêche de rentrer sur Santa Marta le soir. En remerciement, Juana nous cuisine quelques tapas au resto, réouvert juste pour nous.

Après cette odyssée, repos et quelques courses, nettoyage à grandes eaux de Da Boat, recherche de nouvelles lattes pour la GV, mais choux blanc et donc bricolage temporaire (mais qui s’avèrera suffisamment costaud). À déplorer : un manque de suivi de la chaîne du froid pour des boulettes de viande achetées au supermarché du coin, et une bonne tourista pour Guillaume et Ben, un peu moins pour les autres.

Jeudi 18 avril, direction Carthagène. En chemin, la réparation du sac de la GV (quelques coutures qui avaient lâché durant la transat’) s’avère fatale pour l’équipage. Faire un mètre de couture avec de la houle (dont une partie au près), c’est du haut niveau comme effet vomitif. D’autant que Guillaume et moi avions quelque peu veillé pour profiter une dernière fois de Santa Marta la veille… Le capitaine trouve quand même les forces de finir la couture.

Après une nuit « réparatrice », l’arrivée sur le port de Carthagène se fait dans la brume, les gratte-ciel en front de mer transparaissent petit à petit, enfin du gris après tout ce bleu ! Une statue se dresse au milieu de la baie, façon originale de marquer les hauts fonds. La vieille ville tient ses promesses avec ses bâtisses coloniales aux balcons fleuris, sa promenade sur les remparts, c’est bien la ville romantique qu’on nous a vantée. Nous prenons un apéro en terrasse sur les remparts, romantique lui aussi…

Rebelote le lendemain, visite de la ville, photos et magasinage. Nous sortons dans le quartier de Getsemani où s’entassent les auberges de jeunesse, pour goûter à la vie nocturne : resto-pizzeria à la déco chiadée (immeuble de 2 étages vidé de ses murs et plancher intérieurs, et ouvert sur une cour arborée), bars à cocktails, danse dans la rue, défilé de motos de police, ambiance somme toute bonne enfant.

Après une nouvelle tentative de trouver des lattes pour la GV, nous achetons quelques leurres pour la pêche, un dernier ravitaillement et nous prenons la mer pour 2-3 jours de navigation vers le Panama. Et nous renouons avec le succès à la pêche, mais les poissons locaux sont voraces et un cassage de bas de ligne (encore…) nous empêche de poursuivre sur notre lancée. Il faudra refaire le plein d’hameçons Williamson de bonne (petite) taille, mais nous sentons comme un renouveau qui augure des prises miraculeuses pour la suite.

Royalement, nous faisons notre entrée dans la baie qui mène au canal de Panama à la voile, slalomant au milieu des cargos et autres tankers (et aussi de troncs d’arbres). C’est donc le 25 avril que nous arrivons à la marina de Shelter Bay où nous avons rendez-vous avec l’agent recommandé par Luke pour faire les papiers d’immigration pour le Panama, mais surtout pour le passage du canal !

Kikisse (pour La Cuisse, surnom des cuistots dans la marine; alias Matthieu)

Plus de photos là : https://www.dropbox.com/sh/1e8ahthfkqhbzi1/Pb45NBe6va/04b_Colombie

 

Las Islas San Blas – Panama

Vendredi 26 avril, petit message du capitaine m’incitant à venir les rejoindre. Impossible de dormir ce soir-là et à quatre heures du matin, je me lève et réserve mon billet. Quatre jours plus tard me voilà dans un taxi traversant le Panama (pas très large) pour rejoindre l’équipage sur la côte caraïbe au Green Turtle Cay Marina. JS m’accueille et je suis de suite dans l’ambiance car il me dirige sur le bateau de ‘Luqué’ que l’équipage a rencontré un peu plus tôt sur leur parcours. Apéro et délicieuse soupe de poisson ; la semaine s’annonce déjà très bien !

L’équipage décide de prendre la mer après ce diner bien sympathique, direction les îles San Blas dont je n’avais jamais entendu parlé avant mon départ. Première navigation de nuit, mais je m’éclipse bien fatigué du trajet, laissant les quarts aux habitués. Ils sont bien rodés ! Réveil au paradis : petites îles (360 en tout), plages blanches, eau turquoise, température de l’air ET de l’eau à plus de 30°C !!!  Sans attendre, palme, masque et tuba pour vérifier le mouillage, mais surtout pour explorer les fonds sous-marins. À peine à l’eau et déjà nous sommes à côté d’une superbe raie (voir vidéo). Les fonds sont magnifiques, beaucoup de poissons, tortues, raies, barracudas, coraux…

Le capitaine et le cuisto s’occupent de la pêche, très fructueuse et qui nous assurent un petit régal le soir. Les carcasses et les restes sont jetés par-dessus bord attirant la faune locale, raies, poissons et surtout trois requins nourrices qui ont tourné sous le bateau pendant une heure au moins . Impressionnant !

Accompagnés brièvement de quelques dauphins, nous revenons vers la côte pour récupérer Laure avec plein de cadeaux pour l’équipage. En chemin, l’oeil expert de Ben remarque une grosse agitation sur notre trajet : 11 prises, bonites et thons à queue jaune (40 à 60 cm). Nous en profitons pour revoir ‘Luqué’ et nous faire un festin sushi / fondu chinoise avec la pêche du jour.

Retour sur les îles pour la suite de la semaine qui se résume à du ‘snorkelling’, visite d’une épave,  apéro sur les îles,  sessions de papillon pour Ben, repas préparés par Matthieu, rencontre avec les locaux, les cunas ou kunas. Détente, soleil et repos! Le rythme de vie est bien ‘tranquille’, chacun à son rythme…

Une semaine c’est rapide. Après une nav de nuit, Bilou me réveille au lever du jour pour faire l’entrée du port de Colon où se situe le début du canal; slalom entre les énormes porte-conteneurs, c’est encore une fois  impressionnant. Je quitte Laure et l’équipage alors qu’ils se préparent à la traversée du canal le lendemain. Taxi en direction de l’aéroport avec un petit aperçu de la première écluse ; la traversée va être quelque chose. Ce voyage est passé très vite, trop vite et j’aurai vraiment voulu  passer du côté pacifique. Mais je suis heureux de rentrer et de retrouver ma petite famille que j’avais quitté alors qu’elles étaient malades toutes les deux.

Merci au capitaine, Bilou, Ben, au cuisto de m’avoir accueilli pour cette semaine de rêve. Vous êtes tous en bonne forme et bien bronzés ! Cela m’a fait plaisir d’avoir enfin rencontré Matthieu et d’avoir pu repasser quelques jours avec vous et partagé une partie de ce voyage même si très bref.

En attendant la suite de vos aventures…