Retour vers le futur : La Colombie

Ola ola, le temps est passé vite et notre blog est resté muet quant à nos aventures. Pas bien. Heureusement, Greg a pris les devants pour décrire notre virée dans l’archipel des San Blas, mais reprenons notre récit à l’arrivée sur Santa Marta, le 14 avril.

À cause du mont Colombus tout proche qui contraint les Alizés, nous passons par 30 noeuds de vent le « Cap Horn » de Colombie. Da Boat ne sourcille même pas et surfe à une vitesse de 10 noeuds, c’te classe. Nous appontons à Santa Marta – enfin une vraie ville, se réjouit Guillaume – dans une marina nouvellement construite et attendons l’agent d’immigration qui va peut-être arriver. Cela dit, c’est un dimanche et nous ne savons pas s’il va effectivement passer. La Colombie, c’est compliqué pour la plaisance, tout bateau étant considéré comme un navire marchand, même si nous n’avons pas grand chose d’autre à vendre que notre sueur et quelques conserves de cassoulet. L’agent arrivera dans l’après-midi, ce qui nous permettra de sortir le soir, merci à lui.

Sur le bateau voisin, il s’avère qu’un de ses équipiers n’est autre qu’un copain de lycée de Raphaël Herbière, le frère de Ben, et accessoirement le seul marin d’Albi recensé par le Pôle Emploi. Le monde est petit… Nous croisons aussi au détour des pontons Luke et Marie, un couple de français sur leur cata « Belle Oiselle » en route pour le Pacifique, comme nous. Un apéro est convenu le lendemain pour échanger des infos sur le passage de Panama.

En attendant, nous débarquons le soir sur le front de mer, une sorte de promenade des Anglais agrémentée de roulottes de bouffe de rue, avec barbecue de brochettes et autres jus de fruit frais. Derrière, c’est un labyrinthe de petites rues qui fourmillent de restaurants, cafés et autres boutiques. Santa Marta est l’occasion de pratiquer notre espagnol révisé sur le bateau grâce au guide acheté par Guillaume. Une bonne nouvelle : on peut se balader dans le centre-ville sans ressembler à des porte-monnaie aux yeux des locaux, c’est reposant.

Le lundi soir, apéro avec Luke et Marie. Ils s’agit de vieux routards de la mer, qui naviguent depuis 17 ans, et en sont à leur énième bateau. Luke est ancien restaurateur et a son bouquin de cuisine en mer, pêche à 200 mètres de profondeur, plonge… Nous prenons des conseils tous azimuts et le contact d’un agent pour passer le canal de Panama. Ensuite, nous sortons tous ensemble nous restaurer de quelques brochettes et allons explorer les bars en ville.

Après une première terrasse sympathique, nous suivons une ruelle pleine de promesse qui nous amène à un bar (dont j’oublie le nom) avec une terrasse à même le trottoir. Un canapé vieux style dehors attire l’oeil (en tout cas le mien), et nous nous retrouvons à discuter avec les tauliers, Juana (alias la mamacita loca) et Chris, un américain installé en Colombie. Une bonne soirée et le plaisir d’une vraie ville après un mois de vadrouille d’île en île (îles magnifiques il est vrai).

Le lendemain fut exaltant avec au menu démarches administratives et courses au supermarché. Nous retournons le soir dans le même bar que la veille, même bonne ambiance et gens sympas. À la fermeture, nous sommes invités à une dernier verre chez la patronne, Juana, qui habite à deux pas. S’ensuit un plan avec Juana, Chris et une copine : aller en bateau au parc naturel de Tayrona, juste à côté de Santa Marta. Le lendemain, grand vent, mais nous embarquons quand même l’après midi. Traversée au près avec 30 noeuds de vent, deux invités malades, mais nous arrivons au mouillage où nous mangeons, certains se baignent. Pas les conditions idéales à cause du vent, Da Boat perdra d’ailleurs une latte de la grand voile (GV) au passage, mais rien qui nous empêche de rentrer sur Santa Marta le soir. En remerciement, Juana nous cuisine quelques tapas au resto, réouvert juste pour nous.

Après cette odyssée, repos et quelques courses, nettoyage à grandes eaux de Da Boat, recherche de nouvelles lattes pour la GV, mais choux blanc et donc bricolage temporaire (mais qui s’avèrera suffisamment costaud). À déplorer : un manque de suivi de la chaîne du froid pour des boulettes de viande achetées au supermarché du coin, et une bonne tourista pour Guillaume et Ben, un peu moins pour les autres.

Jeudi 18 avril, direction Carthagène. En chemin, la réparation du sac de la GV (quelques coutures qui avaient lâché durant la transat’) s’avère fatale pour l’équipage. Faire un mètre de couture avec de la houle (dont une partie au près), c’est du haut niveau comme effet vomitif. D’autant que Guillaume et moi avions quelque peu veillé pour profiter une dernière fois de Santa Marta la veille… Le capitaine trouve quand même les forces de finir la couture.

Après une nuit « réparatrice », l’arrivée sur le port de Carthagène se fait dans la brume, les gratte-ciel en front de mer transparaissent petit à petit, enfin du gris après tout ce bleu ! Une statue se dresse au milieu de la baie, façon originale de marquer les hauts fonds. La vieille ville tient ses promesses avec ses bâtisses coloniales aux balcons fleuris, sa promenade sur les remparts, c’est bien la ville romantique qu’on nous a vantée. Nous prenons un apéro en terrasse sur les remparts, romantique lui aussi…

Rebelote le lendemain, visite de la ville, photos et magasinage. Nous sortons dans le quartier de Getsemani où s’entassent les auberges de jeunesse, pour goûter à la vie nocturne : resto-pizzeria à la déco chiadée (immeuble de 2 étages vidé de ses murs et plancher intérieurs, et ouvert sur une cour arborée), bars à cocktails, danse dans la rue, défilé de motos de police, ambiance somme toute bonne enfant.

Après une nouvelle tentative de trouver des lattes pour la GV, nous achetons quelques leurres pour la pêche, un dernier ravitaillement et nous prenons la mer pour 2-3 jours de navigation vers le Panama. Et nous renouons avec le succès à la pêche, mais les poissons locaux sont voraces et un cassage de bas de ligne (encore…) nous empêche de poursuivre sur notre lancée. Il faudra refaire le plein d’hameçons Williamson de bonne (petite) taille, mais nous sentons comme un renouveau qui augure des prises miraculeuses pour la suite.

Royalement, nous faisons notre entrée dans la baie qui mène au canal de Panama à la voile, slalomant au milieu des cargos et autres tankers (et aussi de troncs d’arbres). C’est donc le 25 avril que nous arrivons à la marina de Shelter Bay où nous avons rendez-vous avec l’agent recommandé par Luke pour faire les papiers d’immigration pour le Panama, mais surtout pour le passage du canal !

Kikisse (pour La Cuisse, surnom des cuistots dans la marine; alias Matthieu)

Plus de photos là : https://www.dropbox.com/sh/1e8ahthfkqhbzi1/Pb45NBe6va/04b_Colombie

 

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