Archives mensuelles : juin 2013

Passage du canal de Panama (8-10 mai 2013)

Déjà pratiquement 1 mois que nous passions le canal de Panama à bord de Da Boat, et j’ai laissé la vie parisienne reprendre le dessus. Alors que la Tour Eiffel s’illumine doucement en cette soirée printanière, je prends le clavier pour vous raconter la suite des aventures.

Rappel de la chronologie : après que Matthieu (alias Kikisse) a passé le canal à bord du catamaran d’une famille belge, l’équipage a accueilli Greg (l’autre parisien vacancier) à bord. Quelques jours de pèche et plongée plus tard, j’ai rejoint l’équipage à Green Turtle Marina, quelque part entre Colon et Portobelo, sur la côte nord du Panama, côté Caraibes, le samedi 4 mai. Encore quelques jours de pèche et de plongée plus tard…

Mercredi 8 mai : un soleil de plomb chauffe le bateau et m’oblige à écourter la grasse mat dans le port de Shelter Bay où nous sommes arrivés tôt le matin. Ben, en caleçon moulant, le corps enduit de monoï, lunettes de star du R&B vissées sur le nez, passe le tek à l’huile. On met Greg dans un taxi pour l’aéroport puis on traîne, on profite de la piscine, on papote avec nos voisins. Guillaume retrouve son copain Félix, 13 ans, qui vit sur un voilier depuis 6 mois avec ses parents. Échange de techniques de pêche. Félix est émerveillé par les super leurres envoyés par Marie, la sœur du capitaine. On est invité par nos voisins à prendre l’apéro. On fait les curieux en en profitons pour visiter l’intérieur. Superbes finitions en bois, petit salon bibliothèque avec fauteuil à bascule. On est charmés. La conversation fuse : échange de conseils sur les techniques de pêche. L’apéro se transforme en dîner : pâtes au bleu (ça fait des heureux) et pâtes aux crevettes pimentées (les enfants en sont fans). Les verres se vident et la conversation passe de la pêche à la politique. Il est temps de rentrer. Demain, on passe le canal de Panama…! Il fait tellement chaud le soir qu’on a du mal a dormir dans nos cabines.

Jeudi 9 mai : on quitte la marina pour aller se poster à l’entrée du canal. On signale notre présence par la VHF. En attendant que notre « piloto » ou « advisor » arrive, un employé des autorités du canal qui dirigera la manoeuvre, Matthieu nous briefe. Dès qu’il monte à bord, je bredouille quelques mots d’espagnol pour le plaisir et on passe vite à l’anglais, pour les termes techniques. Révision de la procédure. Moteur. On se met a couple avec un catamaran canadien pour entrer dans la 1ère série d’écluses, qu’on passera derrière un tanker conçu selon les dimensions du canal. Les rives sont équipées de petits remorqueurs qui aident les gros bateaux à avancer dans les écluses. Pour nous, le moteur suffit. On est amarré de chaque côté de l’écluse pour nous stabiliser. Les équipiers à l’avant (Matthieu + Ben) et à l’arrière (Guillaume + moi-même, enfin surtout Guillaume) avalent la corde au fur et à mesure que l’eau monte. L’opération sera renouvelée dans chaque écluse. La nuit tombe quand les portes de la dernière écluse s’ouvrent sur le lac artificiel qui relie la série d’écluses du côté de la mer des Caraibles à celles du côté du Pacifique. Nous nous détachons du cata pour aller nous amarrer à une bouée. Notre « advisor/piloto » se fait ramener à terre.

Vendredi 10 mai : un autre « advisor/piloto » embarque sur Da Boat à 6h du matin. Il a l’air moins avenant que celui de la veille. On se dit que la journée va être longue. JS lance le sujet pêche. Ca mord (!)… ouf, sauvés ! (Note pour plus tard : ce sujet marche vraiment à TOUS les coups dans le monde des marins). Moteur. D’un oeil distrait, nous apercevons un aligator…! 4h plus tard, nous nous présentons à l’entrée des écluses côté Pacifique. Répétition de la manoeuvre de la veille avec le même catamaran canadien. Quelques heures plus tard, les portes de la dernière écluse s’ouvrent sur le Pacifique. Le chapitre Atlantique s’était fermé la veille avec une certaine notalgie. Le chapitre Pacifique s’ouvre avec une certaine excitation ! On observe le passage de la proue sur la démarcation entre les eaux boueuses du lac et l’eau bleue turquoise du Pacifique, on largue notre « advisor/piloto » puis on ouvre une bouteille de Crémant. Ben oui, ça se fête ! On découvre la « skyline » de la ville de Panama, impressionnante de verticalité. De loin, ça ressemble un peu à Singapour. On se met à l’abri dans la baie de Panama, à côté de dizaines d’autres voiliers. On retrouve des copains rencontrés de l’autre côté du canal. On se raconte nos aventures (« le passage du canal ? facile, non ? »). Je ne résiste pas à l’envie de goûter à cette eau du Pacifique, même si le cadre est moins idyllique qu’aux San Blas. Et bien, elle est plutôt fraiche l’eau du Pacifique ! Enfin, ça pourrait changer dans les prochaines semaines…

La suite au prochain numéro !

Laure (alias First Lady ou Mademoiselle ou encore La femme du capitaine)