Hiva Oa

Da Capitaine vous salue bien cordialement.

C’était donc une trans-pacifique paisible, parmi les moments les plus paisibles de ce voyage. Mais c’est bon de re-toucher terre. Nous nous posons dans une baie simple, dans le Sud de Hiva Hoa, à distance de « stop » du village de Atuona. Gaugin et Brel y sont morts mais pas les marquisiens. Des le pouce tendu un 4×4 nous accueille. Notre réflexe tout droit issu de nos expériences des Caraïbes est de se demander ce que la personne (fort sympathique) attend de nous. Sourires contre $$ ? vente de souvenirs? Et voila le premier chapitre d’une interminable leçon polynésienne: rien en retour. Les gens sont juste gentils, serviables et agréables.

En ville le soleil est écrasant, le silence total, les gens franchement puissants et enrobes. D’un coté l’océan, et de l’autre le vert des montagnes. Il n’y a pas encore de lagons, car les Marquises sont des îles encore « jeunes ».

C’est étrange de trouver un endroit si lointain parlant français, en roulant les « r » version Sud-Ouest. Ça met tout de suite à l’aise. Une mairie, poste, office du touriste, pompiers, armée-service-arrange. Tous les organes d’une ville sont la, la taille en moins, et les toits en paille en plus. Internet est encore une catastrophe, et les appels sont chers, mais on a survécu à ça au 20eme siècle alors ça ira.

Nous visitons un peu les alentours, en suivant les doigts pointes:

– Le fameux cimetière

– Les pétroglyphes: sculptures/écritures sur des grandes stèles de pierre au milieu de rien

– Le vieux cimetière: endroit repris de force par les fougères, d’ou dépassent des croix de fer rouillées et quelques stèles.

– Les Tiki: des petites statues de pierre aux yeux et bouches rondes, rappelant le style « Île de Pacques »

– Les PeiPei: des bases de maisons en pierres encastrées qui vieillissent bien. Certains disent qu’une d’elle, proche d’un trou, servait aussi à couper les têtes des visiteurs à l’époque de l’anthropophagie. D’autre qu’on y stockait des légumes.

Ces dernières découvertes ont été sponsorisées par la rencontre d’un mystérieux monsieur. Il nous croise dans un 4×4 pourri, tatoué (comme tout le monde), habillé  bien rural après avoir visite ses chèvres. Ils nous propose de nous fournir en fruits. Ça nous va de faire notre marché chez lui mais c’était encore un désintéressé. Apres des montées épiques dans son engin, on se rend compte qu’il est encore la pour tout offrir. Alors c’est:

– Cueillette de mangues à coup de coups de pieds dans les troncs

– Cueillette de caramboles (même technique)

– Cueillette de pomélos à la main ou au bâton

– Arrachage de régimes de banane à la machette

– Arrachage de litchis/longuans en grimpant aux arbres

– Cueillette de papayes

– J’en oublie.

Ce sculpteur, pirogueur, sportif, change de voiture, se prépare à une réunion mystère, sort de sa belle maison un morceau de bœuf local, nous reconduit au bateau avec le butin etc etc.

C’était un personnage religieux local. Pour nous il restera « Da Priest ».

Fin de la leçon, on a compris, on arrête d’hésiter à comprendre => les gens ont la gentillesse et la sympathie tatouée a l’intérieur.

Encouragé par tout ça, nous nous préparons à visiter d’avantage de Marquises. Mais nous perdons notre ancre secondaire par une une usure spectaculaire de sa corde.

Nous passerons 3 jours à la rechercher dans une eau absolument trouble, brassée par les courants entrants/sortants. Toutes les nuits sont accompagnées par le bruit des rochers frottant contre la chaîne de l’ancre principale. La journée, nous tentons de plonger en apnée en tâtant le fond, On y trouve des grillages (d’ou l’usure), on se plante des piques d’oursins  dans les mains, même dans le front. On ne voit tout simplement rien et le ressac nous jette contre ces obstacles. Nous empruntons dans bouteilles  sans grand succès. Au dernièr jour, le bruit de gravier s’interrompt. Je me jette à l’eau et y vois à 30cm! Luxe, chance inouïe! On récupère l’ancre et on part vers les Tuamotus retrouver Laure (enfin!). Mais les Marquises garderons un gout de « reviens-y ».

Finalement nous nous séparons de nos douces Marquises au sommet de notre amour. De la pure romantico-tragédie.

Da Capt’

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