Les Tuam’s

La traversée vers les Tuamotus se passe facilement. Nous sommes encore dans un régime d’alizés, alors c’est a fond et en pêchant bien sur.

Petite explication sur les atolls des Tuamotus: tout commence comme aux Marquises par des volcans surgissant de failles sous-marines. Cette roche se fait coloniser par des coraux, et s’érode. Apres un temps la montagne est plus petite, et entourée de barrières de coraux (comme Bora Bora). Enfin la montagne disparaît et il reste cette auréole de pur corail (comme les Tuamotus). Les gens vivent sur les île coralliennes, et le centre est une mer protégée plus ou moins calme selon sa taille et agrémentée de hauts-fonds.

En général, on y trouve une passe, opposée aux vents principaux (pour que l’eau qui passe par dessus les coraux s’évacue, ou opposée a des phénomènes locaux comme une rivière (moins de salinité).

Pour y entrer, il faut calculer son coup. Même de nos jours, assistes de GPS, cartes electro, sonars etc, les gens s’échouent et parfois coulent.

– Ils faut que l’eau dans la passe soit lente ou faiblement entrante. Il faut donc comprendre les marées et estimer au pif a quel point le petit/gros temps remplit le lagon de ses vagues. Dans tous les cas on subit des mascarets et des vagues brisantes.

– Il faut avoir une lumière dans le dos ou verticale (et un Benjamin dans la mature) pour naviguer entre les obstacles « a vue »

– il faut un bon bateau et équipage, et là on est pas mal.

 

1 ere etape MANIHI:

Nous arrivons à fond dans un 25 nœuds. On se lance dans la 1ere passe, Je suis aux cartes, Guillaume aux commandes, et Benjamin a la vigie. Moteur a fond on se traîne. Les vagues sont étranges et hachées. C’est impressionnant de voir les murs de coraux a quelques mètres bâbord et tribord, de sentir les courants qui décalent le bateau latéralement, étrange de voir la vitesse baisser a 1kts, mais on progresse et on apprend sur le tas.

On mouille sur fond coralien, juste 2 heures avant l’atterrissage de la 1st Lady. Pour le retour, 20 minutes en annexe contre le vent, elle prend une belle dose de pacifique dans la gueule. Je vous épargne le chapitre romantique, c’est pour moi.

On découvre les alentours du bateau, le sable blanc et le village. Trop de vent et de pluie intermittente pour la parfaite carte postale, mais c’est la réalité de la navigation. Temps faciles, temps forts et temps morts nous sont distribues par la roulette mystique de la météo.

Laure nous comble de cadeaux, les siens et les vôtres (vous vous reconnaîtrez). Mes fruits préférés, du boeuf => Barbecue party sur la plage. On y croise des italiens très peu protégés du soleil qui nous font goûter de la pieuvre. Elle sert d’appâts par ici.

Le village est l’occasion de découvrir les Heiva, longues fêtes traditionnelles locales, a base de concours. Des danses, des élections de miss, des sports locaux (pirogue), des défilés et plein de nourriture lourde. Des notre arrivée, on nous gave de gâteaux en nous pointant du doigt l’administrateur des îles en habits protocolaires.

Enfin le temps nous laisse sortir de Manihi pour en voir un autre.

 

2eme étape: AHE

Nous mouillons près du village, pour être moins trempes quand on débarque en ville.

On s’amuse a traversons le lagon, a en remplir l’annexe a raz pour visiter d’autres paysages, traversons les rivières de courants en masque+tuba. Toujours des concours dont le très impressionnant « lancer de noix de coco ». Des hommes et femmes, de bon gabarits utilisent une technique utile a la cueillette. Il faut faire des tas en lançant les noix. Un bâton coiffé d’une pointe accroche la noix, un second arrête le mouvement de balancier pour que la noix se décroche. Pour ce concours, les filles visaient des fûts places a 10 mètre. Note pour plus tard: être très polis avec elles et leur tenir la porte. Les danses chaloupées sont fascinantes et gracieuse. Les élections de miss/mister commentes par un RaeRae (trans/travestis locaux) sont tordantes.

Tous les gens croises sont adorables. On nous propose de participer au concours de pirogue, et (heureusement) nous refusons. Ils sont fous de ce sport de précision (équilibre et surf des vagues croisées) et de force (ramer contre le vente, pendant des kilomètres). Nous avons le plaisir d’essayer le lendemain. Bain involontaire pour tout le monde.

Nous faisons de la pêche/plongée avec masques et tubas. C’est blanc, c’est colore, c’est bien beau.

 

3eme Etape: RANGUIROA

Une bonne derniere etape. Nous entrons dans la passe avec un temps pas negligeable. Des grands dauphins sautent partout, comme fous. Des gens nous observent et nous filment, pourquoi pas.

Notre mouillage definitif est bien protege, et nous nous offrons un bon resto, et des plongées bien sur. Nous essayons d’aller jusqu’au « Blue Lagoon » ou tournent raies et Dauphins, mais le temps est trop gros. Tant pis, faisons avec les conditions:

– élection de miss RaeRae en ville. Étrange… les RaeRae sont pastiches ou tournes en dérision. Je trouve le spectacle repoussant, mais ai peut-être mal compris.

– très bonne plongée près d’un banc de sable, avec des requins, des raies, des coraux magnifiques, énormément de poissons, et une murène géante dont la tête (inquiétante) faisait la taille de celle d’un homme.

– plongée dans la passe en planant avec le courant. Un cote calme servait de « zone de vol » et l’autre était couverte de mascarets. Les plongeurs nous interpellent en nous traitant de fous alors qu’on surfe ces vagues en annexe. On commence a bien connaitre notre matériel, et c’est drôle.

Enfin la sortie de la passe: Apres tous ces repérages, nous savons exactement ou passer et il est temps de se venger du souvenir lointain de notre premier essai a 1 noeud. Alors nous fonçons avec le courant et le vent a travers les mascarets. Le bateau sautille, plante l’avant et défonçant les vagues, on se marre en voyant le compteur dépasser les 10kts. Toujours le regard stupéfait (et les photos) des bateau plongeurs, mais nous nous sentons colossaux.

Da captain

 

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