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Rio de Janeiro

Après avoir rêvé à de nombreuses reprises en lisant les posts de mes potes, je vais m’essayer à l’exercice…

Je ne pouvais pas ne pas rejoindre l’équipée au moins pour un court moment… Je suis donc parti un jour pluvieux de mars, de Toulouse, via Francfort, direction Rio de Janeiro.

Dès l’arrivée, les odeurs, la moiteur, les intonations aussi, ne laissent aucun doute… Je ne suis plus en Europe. Le temps est gris, mais il fait beau dans ma tête. Après avoir retrouvé Ben et accueilli Marianne et Lou à l’arrivée de leur vol, direction le pied du pain de sucre, ou Da Boat est à l’ancre. Le trajet en taxi me donne déjà une première idée de la diversité de la mégalopole.

Cette première journée passe à cent à l’heure : retrouvailles, ballade à pied à Copacabana et Ipanema sous la pluie chaude, discussions et rigolades, c’est bon de retrouver ses potes !

La pluie ne s’arrêtant pas, nous abandonnons le projet de soirée au Sambodrome, le « stade » de samba ou se disputent les compétitions du carnaval, et décidons de mettre le cap vers Ilha Grande, plus au sud.

Après une nuit de navigation, l’arrivée sur le premier mouillage est tout simplement magique. La végétation est luxuriante, vert émeraude, avec des touches de violet. L’eau est verte, transparente à 28°… Autant dire que le premier bain de mer de l’année (pour moi) remplit toutes ses promesses. Pendant que Ben, Marianne et Lou se font déposer en annexe pour profiter de la superbe plage de sable blanc, en partie ombragée par de grand arbres, Guillaume et Jy vont tester le spot de surf. Je préfère aller explorer un peu les environs avec masque et tuba. Les fonds sont plutôt poissonneux, et je me retrouve nez à nez avec une tortue, un poisson coffre, et de gros poissons qui ressemblent à des mérous.

Premier repas typique (poulet ou poisson frit accompagné de haricot rouges et de riz, saupoudré à volonté de farine de manioc que les brésiliens semblent mettre sur tout), et premières Caipirinhas sur la plage… Le Tarn me semble bien loin.

Le lendemain, après s’être essayé au surf avec Guillaume, nous faisons voile vers Paraty, jolie ville côtière déjà repérée par l’équipage lors de leur remontée depuis l’Antarctique. Un oiseau, sûrement fatigué, se perchera après moult essais infructueux sur la barre de flèche. Je trouve ça super et observe un moment l’animal, qui macule finalement le tau et le pont de ses fientes… JS est moins ravi, du coup.

Nous arrivons à Paraty de nuit et débarquons pour manger. Nous testons plusieurs bières, qui au Bresil sont servies « estupidamente gelada » (absurdement glacées), généralement en bouteilles de 600 ml, et la plupart du temps dans une espèce de « glacière ». Puis des Caipirinha… Si bien que lorsque nous voulons manger, il est bien tard. Heureusement, il reste un stand de hamburgers, qui se révèleront excellents.

Après avoir visité au pas de charge la vieille ville de Paraty, et fais quelques provisions de fruits et légumes (mmmmmh, les mangues Palmer, les maracujas,…), nous embarquons le lendemain, et faisons halte près d’un îlot. Plongée pour tout le monde, et tentative de chasse pour JS, mais peu de gros poissons. En route pour le mouillage du soir, nous sommes escortés, de loin par une troupe de dauphins, sûrement près de 150 (l’eau bouillonne). Tentés pour les voir de plus près, JS nous amène en annexe, Mariane et moi, tout près du groupe. Je me jette à l’eau, mais ils plongent très vite et passent largement sous moi. J’entends par contre très bien leurs sifflements.

Le mouillage du soir est abrité, on se croirait sur un lac, en face d’une petite plage assez sauvage. La végétation est si touffu que l’on ne peut pas s’enfoncer de plus d’un mètre. Le lendemain, JS profite de l’escale pour gratter la coque et la débarrasser de petits coquillages en forme de chapeaux chinois, qui ont tendance à grossir assez vite. Puis Guillaume et lui m’initient au wakeboard, derrière l’annexe, sur une planche de surf. Peu confiant sur mes capacités à sortir de l’eau, je ne m’en sort finalement pas si mal. Après une première chute au démarrage, je me retrouve finalement debout, et quelques conseils plus tard, je trouve le bon placement et enchaine les virages. L’expérience est grisante !

Nous arrivons le soir même dans une petite baie dans laquelle sont cachées quelques petite maisons. Un ponton perché entre de grosses boules de granit, qui font penser au Sidobre, amène à une terrasse en bois au bord du bâtiment le plus gros. Sur la terrasse, des chaises et des tables qui nous semblent très accueillantes. Comme il est bientôt 18h30, heure du cocktail, nous débarquons et nous trouvons bien vite attablés devant crevettes grillées et Caipirinhas… Très tassées. Les discussions seront animées et joyeuses sous les étoiles.

Le lendemain, après avoir fini de gratter la coque et fait quelques saut depuis les rochers de la rive, nous mettons le cap ver Rio. Le grattage de coque nous fait gagner quelques nœuds… La navigation dure 17 heures pour rejoindre la plage de Urca, la où nous avions retrouvé Da Boat à la descente d’avion. Après un repas dans un restaurant de la plage, nous montons au Corcovado, lieu incontournable de la capitale (si tu vas à Rio, n’oublie pas de monter là haut…). Le panorama sur la baie est magnifique. On aperçoit le stade du Maracana, le pain de sucre, et les nombreuses favélas qui couvrent les collines. C’est très coloré et très beau. L’esplanade qui se tient juste sous le christ est noire de monde, et nous décidons de redescendre poursuivre notre découverte de Rio. La cathédrale, que nous visitons, a une forme de pâté de sable, ou de cône tronqué, en béton. Pas très belle de l’extérieur (à mon goût), elle se révèlera impressionnante à l’intérieur : un espace immense, éclairée par de gigantesques vitraux… Nous faisons un détour par des escaliers, carrelés par un artiste local (malheureusement abattu dans ces marches…). La couleur rouge domine, et du carrelage du monde entier est intégré au décor.
Puis nous retrouvons Ben, Marianne et Lou dans le quartier de Santa Theresa, pour une autre de ces dures soirées à base de Caipirinhas… Je fais la connaissance de Greg et Fernanda, un ami français de Ben, et sa femme brésilienne, et nous terminons la soirée avec eux.

Le réveil est plus tardif qu’à l’habitude, mais Marianne nous a préparé un super petit déjeuner continental, et un cocktail détox à base de jus de citron vert, qui me requinque. Nous traversons la baie pour jeter l’ancre sous le musée d’art contemporain de Niteroí, un bâtiment hallucinant à la forme de soucoupe volante, dessiné par Oscar Niemeyer, que nous visitons rapidement. L’endroit est très beau, malheureusement les courants de la baie drainent nombre d’immondices, qui jonchent la plage.

Revenus à Urca, et après une dernière visite du centre historique, nous disons au revoir à Marianne et Lou qui repartent déjà vers Paris.

Nous décidons de nous rendre le lendemain à la favéla Vidigual. Située près de la plage de Ipanema, elle nous a été recommandée par Greg et Fernanda comme étant « tranquille ». La meilleure façon de la visiter, nous ont-ils dit, consiste à se faire monter tout en haut par des motos-taxis, et à redescendre ensuite. Nous nous retrouvons donc en bas du quartier, et ciblons les chauffeurs qui descendent. JS qui se débrouille déjà assez bien en Portuguais Brésilien, explique au premier chauffeur attrapé qu’il veut aller tout en haut (j’écoute bien ce qu’il dit pour pouvoir le rejoindre…), puis Guillaume prend le chauffeur suivant en m’indiquant une autre moto en train d’arriver. Je me précipite, et tente tant bien que mal de répéter la phrase apprise par cœur, le chauffeur semble comprendre mais à l’air d’assez mauvaise humeur (peut être voulais t-il faire une pause…). Après m’avoir demandé de payer mes 5 reals d’avance, il fini quand même par me tendre un casque qui a l’air d’être en carton pâte, et me voilà parti. Je serre les genoux (et les fesses) lorsque nous croisons des véhicules car la rue est parfois assez étroite. Mon chauffeur taciturne double sans visibilité dans les virages, en klaxonnant, comme si le bruit pouvait arrêter les voitures… J’arrive enfin, et retrouve Guillaume et Jy. Puis nous redescendons tranquillement la favéla, en nous arrêtant boire un coup dans un petit bar-épicerie-restaurant, le bar de Fabio, au patron très souriant. Les maisons sont tassées les unes sur les autres, des amats de câbles entremêlés pendent de poteaux en bois sous-dimensionnés, mais l’ensemble est agréable à l’œil. Nous nous écartons un peu de la route principale, la ruelle dans laquelle nous nous enfonçons devient de plus en plus étroite, et nous faisons bientôt demi-tour : je ne sens pas du tout en danger, mais je suis tout de même un peu mal à l’aise de me balader sans pouvoir communiquer, ni comprendre ce que l’on me dis, dans une rue qui ressemble à un couloir.
Revenus sur la route principale, nous déjeunons dans un restaurant « au poids » : un buffet garni de multiples plats dans lequel on pèse son assiette avant de manger. C’est bon, et bien garni. Nous terminons la descente sous la chaleur écrasante de l’après midi.

Je passe la soirée avec Guillaume à Santa Theresa, avec deux amies à lui, Ana Maria et Alice, arrivées de France pour un projet artistique. La discussion est agréable et nous rentrons à la plage de Urca, après les avoir raccompagnées.

Le lendemain, nous préparons le départ de Rio : courses, plein de gasoil et d’eau, papiers administratifs, et nous voilà partis, direction Buzios à quelques 150 kms à l’est.

Nous longeons la côte qui s’aplatit peu à peu en nous éloignant de Rio, et doublons le Cabo Frio.

Nous arrivons en fin d’après midi en vue de Buzios. La marina dans laquelle nous accostons est très agréable (douches, Wifi,…) et nous en profitons ! Cette petite ville de pêcheur est devenue le St Tropez Brésilien depuis que Brigitte Bardot, à sa grande époque, est venu s’y réfugier pour se cacher des Paparazzi… Une statue en bronze de Brigitte est même placée le long de la jetée.

Apéros, brochettes, balades, baignades, la fin de semaine est vite arrivée, et se termine en apothéose avec une soirée mémorable au Zapata, haut lieu des nuits buzianotes, et un retour au bateau non moins mémorable, Brigitte s’en souvient encore… Je dors sur le pont pour être sur de me réveiller à l’heure pour le bus du lendemain qui doit me ramener à Rio…

Merci encore les mecs pour ces deux semaines fabuleuses, et à très bientôt en France !

Arnaud

Transat : Vendredi 8 mars

Nous voilà à moins d’une journée de notre atterrissage. Les vents son faibles, et nous louvoyons pour attraper le moindre souffle d’air. Ambiance lascive, entre baignades et manœuvres. Ces derniers jours, alors que nos besoins caloriques fondent sous le soleil, les apports prennent un style plus vosgien: pâtes, boites, etc… Toute vitamine et aliment frais est célébré.
Pour nous divertir, de la lecture, des dauphins qui annoncent la terre qui se rapproche, encore des baleines, beaucoup de poissons volants. Toutes nos lignes ont été arrachées par des monstres marins, car nous sommes passés au dessus des « hauts fonds » de la dorsale médio-atlantique (de -4500m environ, on passe a -560m). Vus que ces contemplations, baignades et couchers de soleil nous laissent du temps libre, Marie et Guillaume ont fabriqué leurs propres leurres et hameçons (avec des crochets IKEA). Tous arrachés en longeant un casier perdu, probablement recolonisé en une oasis flottante par les monstres sus-cités.
Sainte Lucie sera notre première île, nous délaissons Barbados (plus proche mais pas très intéressante).
Déjà 3 semaines que nous vivons dans ces quelques mètres carrés, étonnamment bien. Pas de clash à la loft story, gentiment soudés par nos activités.
D’ici, nous vous envoyons notre affection.
À bientôt sur les ondes.

Capitaine

Position : N13.57 W58.54