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Rapa Nui. Du 31 0ctobre au 9 novembre 2013

Une navigation de 2 semaines. Un vent variable, plutôt faible, et souvent dans le nez. Le moral est bon mais c’est long. Arrivée finalement le 31 octobre.

 

Un peu comme à Pitcairn, l’ile de Pâques n’offre pas de mouillage bien protégé mais l’île étant bien plus grande, il y a toujours une côte plus calme que les autres. Avec un vent de Nord-Est pour notre arrivée, nous décidons de jeter l’ancre au sud de l’île, à Hanga Vinapu, juste sous la piste de l’aéroport. C’est bien calme.

A la VHF nous n’arrivons pas à joindre les autorités pour les différentes démarches d’entrée sur le territoire chilien. JS part à leur rencontre. Le village n’est pas tout proche et il se fait prendre en stop par Ruthy, une mère de famille célibataire francophone. En faisant les papiers, JS se fait gronder au passage car il ne faut pas débarquer avant d’avoir fait les papiers. Tu peux donc passer plusieurs jours sur ton bateau à attendre si leur VHF ne marche pas…

Au mouillage, nous sommes rejoints par Koantenn (Olivier, Sandra, Chloé et Mathis), une famille de bretons partis il y a plus de 5 ans et que nous avions rencontrés aux Gambiers. Ils sont aussi fatigués que nous après leur périple de deux semaines et demi. Une nuit de repos. Une plongée au petit matin (mais pas de poisson de taille à être pêché) et qui voilà ?!? Ruthy et sa fille Kahani, venues voir si nous ne manquions de rien. Je crois qu’elles ont flashé sur notre capitaine, en tout cas Ruthy nous a à la bonne : nous rassemblons tout notre linge sale (très sympa ces jeunes goujats) et voilà Ben, en combinaison de plongée, parti chez Ruthy pour une grande lessive.

 

Pendant ce temps là, le vent a tourné et la houle commence à rentrer de plus en plus fort. Nous décidons donc de bouger sur la côte ouest. Une heure plus tard, nous jetons l’ancre en face d’Hanga Roa, le seul village de l’ile. C’est un spot de surf très connu et pour débarquer en annexe il vaut mieux savoir surfer. Kikisse se propose de rester surveiller le bateau car ça bouge un peu. JS et moi, allons rejoindre Ben, Ruthy et Kahani. Petit dîner au resto juste en face du bateau, très sympa. Retour de nuit, dans les superbes rouleaux de 1,5 à 2m. Épique. Ça se passe très bien, on a presque mis l’annexe à la verticale sur la dernière vague. Splendide.

Hanga Roa est un village charmant et animé. Il y a de nombreux commerces, bars, restos et même des boites de nuit. Ça nous avait un peu manqué.

 

Nous passons des jours agréables en compagnie de Ruthy et Kahani qui nous font découvrir les différents sites autour du village. Elles sont vraiment adorables, elles se plient en quatre pour que nous passions un super séjour sur leur île. Pure tradition polynésienne. (Petit cour de géo, le triangle polynésien a pour sommets: Hawaï, la Nouvelle Zélande et l’île de Pâques). Et enfin, nous voilà en face de nos premiers Moais, ces géants de pierre, c’est impressionnant et le site de Tahai est somptueux.

[passage de bâton d’auteur] Ruthy nous rencarde sur les évènements de la semaine : nous sommes arrivés pile-poil pour 4 jours de festivités autour de la langue de Rapa Nui. Au programme, concours de tyrolienne (que nous avons manqué), descente de colline sur une luge de cocotiers (ça on l’aurait manqué pour rien au monde, cf les photos), pétanque locale (encore manqué) et enfin le vendredi danse et chants traditionnels (photos aussi). De quoi remplir nos journées donc. Nous en profitons aussi pour louer une voiture pour Ben, Guillaume et les quatre amis Koantenniens, et des motos pour Js et moi, et ainsi faire le tour de l’île et de ses sites de Moais, et quelques grottes que nous avait aussi montrées Ruthy. Au final, ça nous fera une bonne journée de visite et les Moais, c’est comme les temples japonais, on finit par saturer; heureusement, on avait prévu une pause de midi pour voir le concours de luge de cocotiers. En fait, il s’agit d’une initiation pour adolescents, sorte de rituel de passage à l’âge adulte. Les participants qui ne sont pas des adultes ne partent pas de tout en haut de la colline, mais c’est déjà impressionnant de vitesse et de, hum, manoeuvrabilité. Pas de sortie de route à déplorer cela dit. Ils sont forts, ces îliens de Rapa Nui.

 

Mais le temps passe, ça fait bientôt une bonne semaine que nous sommes arrivés et il est temps de ravitailler pour tailler la route océane, direction le continent, et quel continent ! L’Amérique du sud et ses promesses de viande au barbecue, de montagne, de froid aussi… Avant cela, il nous faudra affronter 2-3 semaines d’océan, mais c’est un autre post. À noter que Guillaume nous précède en avion pour aller reposer et faire soigner son dos qui le fait souffrir par moments. Après avoir dit au revoir à Ruthy et Kahani, et aux Koantenn avec un apéro à leur bord, nous mettons les voiles le samedi 9 novembre.

 

Guillaume puis Matthieu

 

Pitcairn. Du 17 au 19 octobre 2013

Pitcairn est habitée, avec une cinquantaine d’habitants (neuf familles), ce qui en fait l’entité politique la moins peuplée du monde. La grande majorité des habitants descendent des révoltés du Bounty et de leurs femmes tahitiennes. (merci Wikipedia)

Une navigation de 400 miles très calme.
Un autre voilier fait la route avec nous. Gilles, sur sa « Coccinelle », vient récupérer des habitants de l’ile pour les amener à l’aéroport des Gambiers.
Par chance, le mouillage à notre arrivée est très calme. Ici, il peut être très compliqué voir impossible de s’arrêter si la houle est un peu forte. Débarquer n’est pas chose facile non plus. Il faut passer la barre de vagues pour passer derrière un petite digue. Une fois à quai, l’annexe est sortie de l’eau à la grue. Il y a beaucoup de ressac dans ce tout petit abris.
Là, nous sommes pris en charge par les habitants et après avoir rempli les formalités administratives, nous sommes conduits en quads au village. L’accueil est très sympathique, très peu de bateaux s’arrêtent ici. Nous visitons le village, l’église, le musée et très rapidement on nous propose un endroit où déjeuner. Bon petit repas en compagnie de Gilles chez une famille d’ici. L’après midi, nous profitons de l’ouverture exceptionnelle de l’épicerie pour faire quelques courses et nous nous promenons au village. Tradition britannique, il est 5 heures, nous allons donc boire une bière au pub de l’ile chez Steve et Olive Christian qui tiennent aussi l’épicerie. On est comme à la maison. Nous rentrons au bateau avant la tombée de la nuit pour mieux voir les vagues qui nous attendent en sortant.
Diner au bateau et repos. Nous sommes arrivés ce matin.

Le lendemain, la mer est plus agitée. Le bateau bouge pas mal. JS préfère rester à bord pour surveiller que nous ne dérapions pas. Kikisse, Ben et moi même, partons à la découverte de l’ile. En quelques pas, nous atteignons Ship Landing Point, une aiguille rocheuse qui surplombe la Bounty bay. Une vue imprenable sur Da Boat et sur ce bout de terre qui nous apparaît vraiment comme microscopique au milieu de l’immensité du Pacifique. Les paysages n’en restent pas moins grandioses. Continuons notre tour. Un peu plus loin, nous rencontrons les habitants des sommets qui nous font visiter leurs maisons à l’architecture étonnamment contemporaine. Andy nous offre à boire chez lui, dans son bar fermé depuis peu. Il a grandi en Angleterre jusqu’à l’age de 20 ans et est revenu vivre ici avec sa mère il y a quelques années. L’occasion pour nous d’essayer de comprendre la vie d’un jeune homme célibataire ici. Pas facile. Plus loin, nous voilà rendu au point le plus haut de l’ile. Il y a là cet arbre de panneaux qui indiquent les distances avec les différentes capitales du monde et sur ce banc à 300 m au dessus de l’eau, on sait que l’on a jamais été aussi loin de tout. C’est beau. La ballade se poursuit et nous pouvons admirer la diversité de paysages que propose une si petite ile. Retour au village après 5 heures de marche.
Nous allons chercher JS pour une bière chez Steve et Olive. Andy nous a rejoint. Après quelques bières, nos hôtes nous invitent à rester partager le diner avec eux. Soirée vraiment plaisante. De retour au bateau, ça bouge de plus en plus. Il est temps de partir. Une nuit agitée. Le matin, notre ancre secondaire a cassé, coupée en deux et après avoir décoincé l’ancre principale, nous filons vers l’ile de Pacque.

Les Gambiers


Une traversée de 700 miles, vent de face plutôt faible et dix jours un peu longs pour atteindre enfin cet archipel.

Nous arrivons le 26 septembre à Rikitea, seul village de tout l’archipel, sur l’île de Mangareva. Nous sommes accueillis par Claude, Laure, Félix et Isilde, les « Gex », une famille que nous avions rencontré au Panama. Au mouillage, une dizaine de bateaux, quasiment tous des français venus passez l’hiver au frais (bizarre). Plusieurs d’entre eux viendront se présenter. Un vrai petit village sur l’eau.

L’accueil à terre est un peu plus froid que dans le reste de la Polynésie, l’internet un peu plus lent et les commerces moins achalandés et plus cher. Je ne comprends décidément pas les bateaux qui sont là depuis plusieurs mois.

Pour notre premier weekend nous partons avec les Gex et Mr. Buena Vista alias Jean sur le motu proche de l’aéroport. Au programme: pêche, chasse et tradition. Langoustes, sept doigts (gros coquillage), cigales de mer, crabes, poissons chirurgiens, cœurs de palmiers… Le tout dans un cadre magnifique aménagé avec grande classe par Isilde et Laure. Des moments très agréables au coin du feu sur une plage au bout du monde.
Il est dimanche soir et il faut rentrer à Mangareva. Demain, c’est lundi et Félix et Isilde ont école. Ça faisait longtemps qu’on avait pas entendu ça.

Semaine ravitaillement. Il nous faut attendre l’arrivée du bateau. Les magasins sont vraiment à sec. Même pour acheter des clopes c’est une vrai galère. Il arrive en milieu de semaine et nous nous ruons dans les magasins pour avoir de quoi aller jusqu’à l’ile de Pacque. Ravitaillement bouclé, nous décidons de partir le lundi 7 octobre car samedi, c’est cochon party avec les Gex à Aukena et pour ça, ça vaut le coup d’attendre.

Donc, le samedi, nous allons sur l’ile d’Aukena chez Bernard qui élèvent des cochons sur une petite ile incroyablement belle. Nous arrivons alors que Claude, Félix et Bernard ont déjà tué et préparé la bête. Quelques heures sur le feu, le temps de profiter de l’île et le festin peut commencer. C’est délicieux. Encore une très belle journée qui finit par du surf tracté derrière l’annexe et voilà comment s’achève notre périple en Polynésie Française.

Raivavae. Du 10 au 17 septembre 2013

Matthieu, accompagné d’une amie à lui Camille, nous a rejoint à Papeete. Nous attendons la bonne fenêtre météo pour descendre plus au sud, sur l’ile de Raivavae, dans l’archipel des Australes. Il est temps pour nous de saluer toutes les personnes rencontrées ici après plus d’un mois et demi :Hinano, Marc, Nainoa, Cathia, Michel, Maeva, Maki, Mariusz, Hania, Tomek, …
Le samedi 7 septembre, nous quittons la Marina Taïna, cap au sud. La mer est forte et au près, ça rend la navigation très inconfortable. Le bateau gite beaucoup, il enfourne et il tape à grand fracas sur les vagues. Médicament contre le mal de mer pour tout le monde. Heureusement, nous ne mettrons que 4 jours pour arriver.

Raivavae, c’est beau. Le lagon est beau, la montagne est belle et les gens sont toujours aussi accueillants. Ici, il n’y a pas d’hôtels seulement quelques chambres d’hôtes et très peu de touristes. A cette saison, rappelons qu’ici c’est la fin de l’hiver, il fait un peu frais. Quelques plongées, des coraux magnifiques, un peu de chasse sous marine, des randonnées sur la crête de l’unique montagne et la fête d’un des village: Tournoi de pétanque, tournoi de volley, grillades, concours du plus gros régime de banane et danses.

Ben nous a rejoint ici après son séjour en France et il est déjà temps pour Camille de partir.
Nous partons le 17 septembre en milieu de journée pour les Gambiers, dernière étape en Polynésie française.